dimanche 12 décembre 2010

Rien ne change

« Ma création (poétique et poétique visuelle) est une présence quotidienne et continue contre la réalité imposée d'un quotidien pré programmé. C'est à moi d'abord que je parle, et indirectement à l'autre. Je parle de l'art, de l'être et de la vie. Toutes mes paroles, tous mes gestes refont, répètent la même oeuvre. Constamment, de façon différente, je ne fais que remettre en question le déjà fait, pour parfois le défaire, pour chaque fois le refaire à travers les métamorphoses du temps, du geste, de la forme. Nouveau surgissant ressuscité dans l'altérité des choses, retour aux signes premiers, à l'écrit premier. J'écris le rêve de vivre, et de tout ce qu'il reste à vivre, dans les veines du temps. Je crée des idées. Je les transforme en œuvres picturales, je leur donne un corps. Les dévoile. Je crée des espèces en voie d’apparition. Je donne la vie. "Et parfois l’âme chante "»
GL. 2010



Échange avec la poète Monique Laforce
l’Oésie, no 4, 2001

Monique,

De quoi parlions-nous déjà ?
De tout.

Du sorcier de craie. De l’importance des visages. Et des yeux. Des petits masques. Des signes, des larmes. Du désir. Du rêve. Du rêve de rêver.

De tout, mais surtout des passerelles.
Le passage. Celui de l’artiste à l’oeuvre. Celui de l’oeuvre à l’autre. Par « l’oeuvre J’existe. De regard et de parole », disais-tu.
L’échange de l’essentiel. Par le regard. Un donneur, un receveur. Chacun à son tour dans le même rôle. Chacun à son tour dans un rôle différent. L’échange de la parole humaine. Parole écrite, parole visuelle. La perte de la pudeur. La parole nue. Sans retenue. De soi. De ce que l’on donne. De ce que l’on reçoit. Des autres. Que l’on transforme. En poussières d’éternité.

Le plus difficile ce n’est pas de faire. L’oeuvre. Mais cette sortie de soi. Du tout soi. Pour atteindre les autres. Donner le souffle. Son souffle. Créateur. De mots, d’images. Donner le non-donnable. Le sans limite. Entre la joie et la tristesse. Celles, humaines, qui toujours nous habitent. Donner plus grand que nous. L’amour ? Peut-être. J’entre en moi et le silence s’ouvre. Malgré les contraintes, les barrières, les peurs. Malgré les autres. Et soi.

Donner chaque fois l’authentique. « À la mesure des humains ». Porter aux autres les mots, les images. Comme on porte l’eau. Le pain. Chaud. De la vie. Que l’on fait battre. Un instant. Différent. Qui ramène à l’existence. La sienne. Qui ramène au feu. Aux visages. Au regard. Arrêter un instant l’oeil. Et le temps. L’oeil. Et le coeur.

Ouvrir le regard. Sur l’âme. Rendre vivante son âme à l’autre. L’anima. Tu sais, ce petit souffle qui n’existe pas à qui l’on parle si souvent !

Combler une seconde. Une petite seconde. De vie. À peine une seconde. La faim. La soif. Rassasiées. Celles des autres. Toutes les faims, toutes les soifs. Et la sienne. À peine une petite seconde. Presque une seconde. L’instant d’un mot. D’une image. De soi. Dans le regard d’un autre. L’existence reconnue. Toute l’existence. Dans une phrase. Une oeuvre. Une parole.

L’oeuvre. La parole. Comme une confidence. Crois-moi, tu existes.

GL 2001

2 commentaires:

Anonymous Anonyme a dit...

rien ne change...titre qui donne un peu la sensation d'être une réplique et que n'importe qui passant ressemble purs traits à ce qui est déjà venu et passé.
;-)

13 décembre 2010 à 00 h 57  
Anonymous Anonyme a dit...

pour tous les séïsmes, s'attendre à la réplique, jamais si forte et qui n'étonne plus

13 décembre 2010 à 12 h 18  

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